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France · justice administrative, Conseil constitutionnel, CNIL, Autorité de la concurrence

La justice en France en chiffres

En 2025, les juridictions administratives ont publié 279 322 décisions, 11 % de plus qu'en 2024. Devant les tribunaux administratifs, 57 % des décisions rejettent la demande et une affaire est jugée en médiane en 7 mois.

Les juridictions administratives

Les juridictions administratives jugent la plupart des litiges qui mettent en cause une administration : l'État, une collectivité territoriale, un hôpital public ou un autre établissement public, face à un particulier, une entreprise ou une association. Elles comptent trois niveaux, tribunaux administratifs, cours administratives d'appel et Conseil d'État, dont le rôle est décrit plus bas. Le tableau donne, pour chacune, le nombre de décisions, son évolution sur un an, la part de rejets et le délai médian de jugement.

Le plus grand nombre de décisions revient au tribunal administratif de Paris, avec 31 106 décisions en 2025, puis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise (16 907) et au tribunal administratif de Nantes (16 301) ; à eux trois, ils ont rendu 26 % des décisions de première instance. Sur un an, 34 des 40 tribunaux administratifs dont des décisions sont publiées ont rendu plus de décisions qu'en 2024. Parmi les tribunaux administratifs d'au moins 200 décisions, la part de rejets va de 46 % à 71 %.

JuridictionDécisions 2025ÉvolutionPart de rejetsDélai médian
Tribunal administratif de Paris31 106+25 %47 %5 mois
Tribunal administratif de Cergy-Pontoise16 907+27 %55 %6 mois
Tribunal administratif de Nantes16 301+4 %60 %15 mois
Tribunal administratif de Montreuil15 121+17 %48 %9 mois
Tribunal administratif de Melun13 336+18 %53 %10 mois
Tribunal administratif de Lyon12 810+19 %59 %6 mois
Tribunal administratif de Grenoble11 117+25 %46 %3 mois
Tribunal administratif de Marseille10 812+3 %60 %7 mois
Tribunal administratif de Versailles10 354+42 %61 %3 mois
Tribunal administratif de Lille9 509+6 %57 %12 mois
Tribunal administratif de Strasbourg6 960+8 %64 %4 mois
Tribunal administratif de Toulouse6 922+2 %62 %10 mois
Tribunal administratif de Nice6 573+2 %55 %9 mois
Tribunal administratif de Bordeaux6 035+17 %61 %9 mois
Tribunal administratif de Montpellier5 827+14 %65 %7 mois
Tribunal administratif d'Orléans5 416+22 %62 %9 mois
Tribunal administratif de Rennes5 285−3 %60 %3 mois
Tribunal administratif de Rouen4 900+16 %63 %5 mois
Tribunal administratif de Nîmes4 639+9 %59 %9 mois
Tribunal administratif de Dijon3 824+7 %62 %6 mois
Tribunal administratif d'Amiens3 641−10 %65 %5 mois
Tribunal administratif de Mayotte3 426+20 %61 %19 mois
Tribunal administratif de Nancy3 413+12 %61 %4 mois
Tribunal administratif de Caen3 346+7 %55 %10 mois
Tribunal administratif de Toulon3 076−12 %59 %15 mois
Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne2 735+11 %59 %4 mois
Tribunal administratif de Clermont-Ferrand2 710−4 %71 %10 mois
Tribunal administratif de Pau2 687+11 %61 %15 mois
Tribunal administratif de Poitiers2 548+13 %66 %15 mois
Tribunal administratif de Limoges2 457+11 %71 %9 mois
Tribunal administratif de Besançon2 257+12 %63 %9 mois
Tribunal administratif de la Guyane1 983+6 %46 %13 mois
Tribunal administratif de Bastia1 861+27 %54 %19 mois
Tribunal administratif de La Réunion1 765+36 %57 %16 mois
Tribunal administratif de la Guadeloupe1 146−19 %57 %11 mois
Tribunal administratif de la Martinique756+6 %63 %10 mois
Tribunal administratif de la Polynésie française610−38 %64 %6 mois
Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie318+18 %69 %6 mois
Tribunal administratif de Saint-Martin140+7 %––
Tribunal administratif de Saint-Barthélemy48+71 %––
Cour administrative d'appel de Paris5 067+4 %74 %13 mois
Cour administrative d'appel de Versailles3 229+16 %80 %20 mois
Cour administrative d'appel de Lyon3 121−5 %75 %12 mois
Cour administrative d'appel de Nantes3 065−15 %73 %11 mois
Cour administrative d'appel de Nancy2 790+1 %80 %18 mois
Cour administrative d'appel de Marseille2 778−2 %73 %13 mois
Cour administrative d'appel de Bordeaux2 621−9 %71 %20 mois
Cour administrative d'appel de Toulouse2 414−10 %77 %20 mois
Cour administrative d'appel de Douai2 055−4 %75 %13 mois
Conseil d'État7 505+2 %83 %7 mois

La part de chaque matière diffère d'un tribunal à l'autre (le droit des étrangers, par exemple, pèse sur la part de rejets et sur les délais) : voir « Comprendre ces chiffres ». Délai médian : jugements et arrêts, hors ordonnances. Part de rejets et délai non calculés sous 200 décisions dans l'année.

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Délais de jugement

Le délai de jugement est le temps écoulé entre l'enregistrement de la requête et le jugement ou l'arrêt. Il est résumé par la médiane : la moitié des affaires sont jugées plus vite, l'autre moitié plus lentement. Les quartiles complètent ce repère : un quart des affaires sont jugées avant le premier quartile, un quart après le troisième. Le graphique répartit les jugements des tribunaux administratifs par tranche de durée.

En 2025, un jugement de tribunal administratif intervient en médiane 7 mois après l'enregistrement de la requête : un quart des affaires sont jugées en moins d'un mois, un quart attendent plus de 21 mois. Cette médiane est la même qu'en 2024. Devant les cours administratives d'appel, le délai médian est de 15 mois (14 mois en 2024) ; il est de 7 mois devant le Conseil d'État. Parmi les tribunaux administratifs d'au moins 1 000 décisions, le délai médian va de 3 mois à 19 mois.

  • Tribunaux administratifs7 moisdélai médian
  • Cours administratives d'appel15 moisdélai médian
  • Conseil d'État7 moisdélai médian
Délai entre la requête et le jugement, tribunaux administratifs, 2025< 3 mois : 36 % ; 3-6 mois : 10 % ; 6-12 mois : 14 % ; 1-2 ans : 20 % ; 2-3 ans : 15 % ; > 3 ans : 5 %36 %< 3 mois10 %3-6 mois14 %6-12 mois20 %1-2 ans15 %2-3 ans5 %> 3 ans

Voir aussi Tribunal administratif de Grenoble Tribunal administratif de Rennes Tribunal administratif de Versailles Tribunal administratif de Mayotte Tribunal administratif de Bastia tous les délais par juridiction

Jugements et arrêts, hors ordonnances (référés et ordonnances de tri), délai compté depuis la première requête enregistrée.

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Les matières jugées

Le juge administratif traite des contentieux très variés : titres de séjour et mesures d'éloignement, impôts et taxes, permis de construire, carrière des agents publics, logement, aides sociales, permis de conduire, marchés publics. Les regrouper par matière montre quels litiges occupent le plus les juridictions, et comment la part de rejets et les délais changent d'un domaine à l'autre.

Le droit des étrangers représente 40 % des décisions de la justice administrative en 2025, soit 111 932 décisions, 9 % de plus qu'en 2024. Suivent la fiscalité (4 %) et le logement (4 %). Parmi les matières d'au moins 1 000 décisions, le délai médian va de 4 mois pour le droit des étrangers à 24 mois pour la fiscalité et la fonction publique. La part de rejets va de 32 % pour le logement à 74 % pour le droit du travail.

Part des décisions par matière en 2025
MatièreDécisions 2025PartPart de rejetsDélai médian
Droit des étrangers111 93240 %63 %4 mois
Fiscalité11 9684 %69 %24 mois
Logement11 3934 %32 %12 mois
Aide et sécurité sociales10 9254 %72 %18 mois
Fonction publique10 8314 %65 %24 mois
Urbanisme7 8083 %64 %22 mois
Collectivités et domaine public5 2342 %56 %20 mois
Permis de conduire4 8092 %71 %14 mois
Droit du travail3 5471 %74 %21 mois
Santé publique2 7211 %64 %18 mois
Environnement et agriculture2 3331 %67 %22 mois
Éducation2 3321 %66 %6 mois
Police et sécurité intérieure1 9991 %64 %20 mois
Marchés et contrats publics1 9261 %59 %15 mois
Élections178< 1 %63 %4 mois
Autres matières89 38632 %52 %11 mois

Matière déterminée d'après les textes cités par chaque décision ; « autres matières » regroupe les décisions sans texte caractéristique.

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Issue des affaires

L'issue résume le sens de la décision : la demande est rejetée, elle est satisfaite en tout ou partie, ou l'affaire prend fin sans que le juge ait à trancher le fond. En appel et en cassation, un rejet laisse en place la décision contestée, que le recours vienne du particulier ou de l'administration : la part de rejets ne dit donc pas, à elle seule, qui obtient gain de cause.

La part des rejets augmente d'un niveau de juridiction à l'autre : 57 % devant les tribunaux administratifs, 75 % devant les cours administratives d'appel et 83 % devant le Conseil d'État, pour les décisions de 2025 dont l'issue est précisée. Par rapport à 2024, la part des rejets en première instance est stable. Devant les tribunaux administratifs, une annulation ou une satisfaction de la demande concerne 22 % des décisions ; les désistements et non-lieux, qui mettent fin à l'affaire sans jugement sur le fond, en représentent 18 %, contre 5 % devant les cours administratives d'appel.

Répartition des issues en 2025
  • Tribunaux administratifs
  • Cours administratives d'appel
  • Conseil d'État
  • Rejet
  • Annulation ou satisfaction
  • Non-lieu
  • Désistement
  • Renvoi ou transmission
  • Suspension ou sursis
Répartition des issues en 2025
IssueTribunaux administratifsCours administratives d'appelConseil d'État
Rejet57 %75 %83 %
Annulation ou satisfaction22 %17 %15 %
Non-lieu6 %2 %1 %
Désistement12 %3 %< 1 %
Renvoi ou transmission3 %3 %1 %
Suspension ou sursis< 1 %0 %< 1 %

Décisions dont l'issue est précisée et classée, hors décisions avant dire droit (expertise, instruction).

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Les décisions année par année

Ce graphique suit, année par année, le nombre de décisions rendues par chaque niveau de la justice administrative. Ce volume mesure l'activité de jugement et ne se confond pas avec le nombre de recours déposés la même année : une affaire peut être jugée plusieurs mois, voire plusieurs années, après son dépôt.

Sur la période, le nombre total de décisions a augmenté chaque année, de 243 188 en 2023 à 279 322 en 2025 (+15 %). Le nombre de décisions des tribunaux administratifs a augmenté chaque année, de 206 562 à 244 677 ; celui des cours administratives d'appel a diminué chaque année, de 29 052 à 27 140 ; celui du Conseil d'État est passé de 7 574 à 7 505. En 2025, les tribunaux administratifs ont rendu à eux seuls 88 % des décisions de la justice administrative.

  • Tribunaux administratifs
  • Cours administratives d'appel
  • Conseil d'État
Décisions publiées par année et par niveau de juridiction2023 : Tribunaux administratifs 206562, Cours administratives d'appel 29052, Conseil d'État 7574 ; 2024 : Tribunaux administratifs 215493, Cours administratives d'appel 27874, Conseil d'État 7389 ; 2025 : Tribunaux administratifs 244677, Cours administratives d'appel 27140, Conseil d'État 75050100 k200 k300 kTribunaux administratifs 2023 : 206562Cours administratives d'appel 2023 : 29052Conseil d'État 2023 : 75742023Tribunaux administratifs 2024 : 215493Cours administratives d'appel 2024 : 27874Conseil d'État 2024 : 73892024Tribunaux administratifs 2025 : 244677Cours administratives d'appel 2025 : 27140Conseil d'État 2025 : 75052025
Décisions publiées par année et par niveau de juridiction
AnnéeTribunaux administratifsCours administratives d'appelConseil d'ÉtatTotal
2023206 56229 0527 574243 188
2024215 49327 8747 389250 756
2025244 67727 1407 505279 322

Séries à partir de 2023, première année complète de publication des décisions des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel.

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Le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel vérifie que la loi respecte la Constitution. Il peut être saisi avant la promulgation d'une loi (décisions « DC ») ou, une fois la loi en vigueur, par une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) : une partie la soulève au cours d'un procès, puis le Conseil d'État ou la Cour de cassation la lui transmet. Il juge aussi le contentieux des élections législatives et sénatoriales et veille à la régularité de l'élection présidentielle.

Le Conseil constitutionnel a rendu 309 décisions en 2025, dont 55 QPC (42 en 2024), 26 décisions de contrôle des lois (DC) et 218 décisions électorales. De 2016 à 2025, son activité annuelle va de 76 décisions en 2020 à 523 en 2018, dont 421 décisions électorales. Sur les 606 QPC jugées pendant cette période, 44 % ont conduit à une non-conformité totale ou partielle ou à une conformité sous réserve ; une QPC est jugée en médiane 2 mois après la saisine du Conseil.

  • QPC
  • Contrôle des lois (DC)
  • Élections
  • Autres
Décisions du Conseil constitutionnel par année et par type2006 : Contrôle des lois (DC) 14, Autres 12 ; 2007 : Contrôle des lois (DC) 15, Élections 125, Autres 9 ; 2008 : Contrôle des lois (DC) 12, Élections 116, Autres 10 ; 2009 : Contrôle des lois (DC) 26, Élections 12, Autres 10 ; 2010 : QPC 64, Contrôle des lois (DC) 24, Élections 5, Autres 9 ; 2011 : QPC 110, Contrôle des lois (DC) 23, Élections 3, Autres 9 ; 2012 : QPC 74, Contrôle des lois (DC) 17, Élections 99, Autres 13 ; 2013 : QPC 66, Contrôle des lois (DC) 22, Élections 257, Autres 13 ; 2014 : QPC 67, Contrôle des lois (DC) 24, Élections 9, Autres 22 ; 2015 : QPC 68, Contrôle des lois (DC) 18, Élections 52, Autres 18 ; 2016 : QPC 81, Contrôle des lois (DC) 18, Élections 4, Autres 10 ; 2017 : QPC 69, Contrôle des lois (DC) 14, Élections 167, Autres 9 ; 2018 : QPC 64, Contrôle des lois (DC) 19, Élections 421, Autres 19 ; 2019 : QPC 61, Contrôle des lois (DC) 19, Élections 14, Autres 13 ; 2020 : QPC 46, Contrôle des lois (DC) 16, Élections 3, Autres 11 ; 2021 : QPC 75, Contrôle des lois (DC) 21, Élections 38, Autres 15 ; 2022 : QPC 68, Contrôle des lois (DC) 12, Élections 101, Autres 13 ; 2023 : QPC 45, Contrôle des lois (DC) 15, Élections 453, Autres 8 ; 2024 : QPC 42, Contrôle des lois (DC) 12, Élections 75, Autres 20 ; 2025 : QPC 55, Contrôle des lois (DC) 26, Élections 218, Autres 100200400600Contrôle des lois (DC) 2006 : 14Autres 2006 : 122006Contrôle des lois (DC) 2007 : 15Élections 2007 : 125Autres 2007 : 9Contrôle des lois (DC) 2008 : 12Élections 2008 : 116Autres 2008 : 102008Contrôle des lois (DC) 2009 : 26Élections 2009 : 12Autres 2009 : 10QPC 2010 : 64Contrôle des lois (DC) 2010 : 24Élections 2010 : 5Autres 2010 : 92010QPC 2011 : 110Contrôle des lois (DC) 2011 : 23Élections 2011 : 3Autres 2011 : 9QPC 2012 : 74Contrôle des lois (DC) 2012 : 17Élections 2012 : 99Autres 2012 : 132012QPC 2013 : 66Contrôle des lois (DC) 2013 : 22Élections 2013 : 257Autres 2013 : 13QPC 2014 : 67Contrôle des lois (DC) 2014 : 24Élections 2014 : 9Autres 2014 : 222014QPC 2015 : 68Contrôle des lois (DC) 2015 : 18Élections 2015 : 52Autres 2015 : 18QPC 2016 : 81Contrôle des lois (DC) 2016 : 18Élections 2016 : 4Autres 2016 : 102016QPC 2017 : 69Contrôle des lois (DC) 2017 : 14Élections 2017 : 167Autres 2017 : 9QPC 2018 : 64Contrôle des lois (DC) 2018 : 19Élections 2018 : 421Autres 2018 : 192018QPC 2019 : 61Contrôle des lois (DC) 2019 : 19Élections 2019 : 14Autres 2019 : 13QPC 2020 : 46Contrôle des lois (DC) 2020 : 16Élections 2020 : 3Autres 2020 : 112020QPC 2021 : 75Contrôle des lois (DC) 2021 : 21Élections 2021 : 38Autres 2021 : 15QPC 2022 : 68Contrôle des lois (DC) 2022 : 12Élections 2022 : 101Autres 2022 : 132022QPC 2023 : 45Contrôle des lois (DC) 2023 : 15Élections 2023 : 453Autres 2023 : 8QPC 2024 : 42Contrôle des lois (DC) 2024 : 12Élections 2024 : 75Autres 2024 : 202024QPC 2025 : 55Contrôle des lois (DC) 2025 : 26Élections 2025 : 218Autres 2025 : 10
IssueQPC 2016-2025Part
Conformité33655 %
Conformité partielle ou avec réserves13021 %
Non-conformité13823 %
Autre2< 1 %

Voir aussi Conseil constitutionnel

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La CNIL

La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) est l'autorité administrative indépendante qui veille à la protection des données personnelles. Ses délibérations recouvrent des actes très différents : avis sur des projets de textes, autorisations (notamment de recherches utilisant des données de santé), recommandations, mises en demeure et sanctions (celles-ci prononcées par sa formation restreinte). Les sanctions peuvent être contestées devant le Conseil d'État.

La CNIL a adopté 426 délibérations en 2025, 6 % de moins qu'en 2024 ; elle en a adopté 2 238 de 2021 à 2025. Les autorisations de recherche en représentent 69 % sur la période. Elle a prononcé 66 sanctions sur ces cinq années, entre 8 et 18 par an.

Délibérations de la CNIL par nature, 2021-2025
  • Autorisations de recherche1 540
  • Avis268
  • Autres autorisations191
  • Sanctions66
  • Organisation interne60
  • Mises en demeure29
  • Autres natures84
Nature20212022202320242025
Autorisations de recherche334284273341308
Avis6556614046
Autres autorisations2835533837
Sanctions141618810
Organisation interne1111101513
Mises en demeure424100
Autres natures1633101312

Voir aussi CNIL

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L'Autorité de la concurrence

L'Autorité de la concurrence est une autorité administrative indépendante. Elle contrôle les opérations de concentration qui dépassent certains seuils de chiffre d'affaires, sanctionne les pratiques anticoncurrentielles (ententes, abus de position dominante), peut ordonner des mesures conservatoires lorsqu'une pratique porte une atteinte grave et immédiate à l'économie générale, à celle du secteur, aux consommateurs ou à l'entreprise plaignante, et rend des avis. Ses décisions sur les pratiques anticoncurrentielles se contestent devant la cour d'appel de Paris, celles sur les concentrations devant le Conseil d'État.

L'Autorité de la concurrence a publié 354 décisions et avis en 2025, dont 328 décisions de contrôle des concentrations (295 en 2024) et 9 décisions sur des pratiques anticoncurrentielles. Ses sanctions ont totalisé 6,7 milliards d'euros de 2016 à 2025 ; le montant annuel va de 168 millions d'euros en 2023 à 1,8 milliard d'euros en 2020. En 2025, 5 décisions ont prononcé des sanctions, pour un total de 379 millions d'euros.

Montant des sanctions par année (millions d'euros)
  • 2025379 M€
  • 20241 428 M€
  • 2023168 M€
  • 2022468 M€
  • 2021874 M€
  • 20201 786 M€
  • 2019632 M€
  • 2018238 M€
  • 2017498 M€
  • 2016203 M€
AnnéeContrôle des concentrationsPratiques anticoncurrentiellesAvisMesures conservatoiresDécisions avec sanctionMontant total des sanctions
202532891705379 M€
20242951111081 428 M€
20232661520111168 M€
2022257269013468 M€
20212723015014874 M€
202019522111101 786 M€
20192712618114632 M€
20182352614013238 M€
2017236271209498 M€
20162302924114203 M€

Voir aussi Autorité de la concurrence

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Comprendre ces chiffres

Trois niveaux de juridiction

La justice administrative compte trois niveaux. Une affaire commence le plus souvent devant un tribunal administratif. Le jugement peut être contesté devant une cour administrative d'appel, qui réexamine le litige en fait comme en droit ; l'arrêt de la cour peut ensuite faire l'objet d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, qui contrôle la seule application du droit. Certains litiges suivent un chemin plus court : le Conseil d'État juge directement les recours contre les décrets, et certains jugements de tribunal administratif ne peuvent être contestés qu'en cassation.

Ce que compte une décision

Chaque décision publiée compte pour une unité : jugement d'un tribunal, arrêt d'une cour, décision du Conseil d'État, mais aussi ordonnance rendue par un juge seul, en référé ou pour clore certaines requêtes sans audience. Une même affaire peut donc produire plusieurs décisions, au même niveau ou à des niveaux successifs.

Pourquoi la médiane

La médiane est préférée à la moyenne : quelques dossiers qui durent plusieurs années suffisent à gonfler une moyenne, alors qu'ils déplacent à peine la médiane. C'est pourquoi les durées sont présentées en médiane et en quartiles.

Les familles d'issues

Les issues sont regroupées en familles. Le rejet couvre les demandes jugées infondées, irrecevables ou portées devant une juridiction incompétente. La famille « annulation ou satisfaction » réunit les décisions qui donnent raison au requérant en tout ou partie : annulation d'un acte, réformation d'un jugement, injonction adressée à l'administration, cassation. Le non-lieu constate que le litige a perdu son objet en cours d'instance, par exemple parce que l'administration a retiré sa décision ; le désistement, que le requérant a renoncé à sa demande. Le renvoi transmet l'affaire à une autre juridiction ; la suspension arrête provisoirement l'exécution d'une décision.

Lire les chiffres avec prudence

Ces chiffres décrivent des décisions passées et se lisent avec prudence. La part de rejets d'une juridiction dépend d'abord des affaires qui lui sont soumises : leur matière, leur objet, le niveau auquel elles sont jugées. Deux tribunaux qui ne reçoivent pas les mêmes contentieux ne se comparent donc pas terme à terme, et aucune statistique ne permet de prévoir l'issue d'une affaire particulière.

Questions fréquentes

Quel est le délai de jugement d'un tribunal administratif ?

En 2025, le délai médian entre l'enregistrement de la requête et le jugement est de 7 mois : la moitié des affaires sont jugées plus vite, la moitié plus lentement. Un quart sont jugées en moins d'un mois et un quart après plus de 21 mois.

Quel est le délai de jugement d'une cour administrative d'appel et du Conseil d'État ?

En 2025, le délai médian est de 15 mois devant les cours administratives d'appel et de 7 mois devant le Conseil d'État, hors ordonnances.

Quels tribunaux administratifs ont les délais de jugement les plus courts ?

En 2025, parmi les tribunaux administratifs qui ont rendu au moins 1 000 décisions, les délais médians les plus courts sont ceux des tribunaux administratifs de Grenoble, de Rennes et de Versailles (3 mois chacun), les plus longs ceux des tribunaux administratifs de Mayotte et de Bastia (19 mois chacun). La part de chaque matière, différente d'un tribunal à l'autre, explique une partie de ces écarts.

Le délai de jugement est-il le délai pour saisir le tribunal ?

Non. Le délai de jugement présenté ici est le temps écoulé entre l'enregistrement de la requête et la décision. Le délai pour saisir le tribunal (délai de recours) est une règle de procédure qui dépend de la décision contestée : il est présenté sur service-public.fr.

Quelle part des recours devant le juge administratif est rejetée ?

En 2025, 57 % des décisions des tribunaux administratifs dont l'issue est précisée sont des rejets, contre 75 % pour les cours administratives d'appel et 83 % pour le Conseil d'État.

Combien de décisions la justice administrative a-t-elle rendues en 2025 ?

Les juridictions administratives ont publié 279 322 décisions en 2025 : 244 677 par les tribunaux administratifs, 27 140 par les cours administratives d'appel et 7 505 par le Conseil d'État.

Quel tribunal administratif rend le plus de décisions ?

Le tribunal administratif de Paris, avec 31 106 décisions en 2025, devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (16 907) et le tribunal administratif de Nantes (16 301).

Quelles sont les matières les plus fréquentes devant le juge administratif ?

Droit des étrangers (40 % des décisions de 2025), fiscalité (4 %) et logement (4 %).

Combien de QPC le Conseil constitutionnel juge-t-il par an ?

Le Conseil constitutionnel a jugé 55 questions prioritaires de constitutionnalité en 2025 et 606 sur les dix dernières années ; 44 % d'entre elles ont conduit à une non-conformité totale, partielle ou à des réserves.