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Matière · France, justice administrative

Police et sécurité intérieure

En 2025, les juridictions administratives ont rendu 1 999 décisions sur la police et la sécurité intérieure, soit 0,72 % des décisions de l'année (< 1 % de plus qu'en 2024) : 1 691 devant les tribunaux administratifs, 204 devant les cours administratives d'appel et 104 devant le Conseil d'État. Devant les tribunaux administratifs, 61 % des décisions rejettent la demande et une affaire est jugée en médiane en 22 mois.

Les décisions année par année

Ce graphique suit, année par année, le nombre de décisions rendues sur la police et la sécurité intérieure par chaque niveau de la justice administrative, et la part qu'elles représentent dans l'ensemble des décisions. Ce volume mesure l'activité de jugement et ne se confond pas avec le nombre de recours déposés la même année : une affaire peut être jugée plusieurs mois, voire plusieurs années, après son dépôt.

Le nombre de décisions sur la police et la sécurité intérieure a augmenté chaque année, de 1 406 en 2023 à 1 999 en 2025. Cette matière représente 0,72 % de l'ensemble des décisions de la justice administrative en 2025 (0,80 % en 2024). Elle représente 0,69 % des décisions des tribunaux administratifs, 0,75 % des décisions des cours administratives d'appel et 1,4 % des décisions du Conseil d'État.

  • Tribunaux administratifs
  • Cours administratives d'appel
  • Conseil d'État
Décisions sur la police et la sécurité intérieure par année et par niveau de juridiction2023 : Tribunaux administratifs 1186, Cours administratives d'appel 118, Conseil d'État 102 ; 2024 : Tribunaux administratifs 1760, Cours administratives d'appel 156, Conseil d'État 79 ; 2025 : Tribunaux administratifs 1691, Cours administratives d'appel 204, Conseil d'État 10401,0 k2,0 kTribunaux administratifs 2023 : 1186Cours administratives d'appel 2023 : 118Conseil d'État 2023 : 1022023Tribunaux administratifs 2024 : 1760Cours administratives d'appel 2024 : 156Conseil d'État 2024 : 792024Tribunaux administratifs 2025 : 1691Cours administratives d'appel 2025 : 204Conseil d'État 2025 : 1042025
Décisions sur la police et la sécurité intérieure par année et par niveau de juridiction
AnnéeTribunaux administratifsCours administratives d'appelConseil d'ÉtatTotalPart
20231 1861181021 4060,58 %
20241 760156791 9950,80 %
20251 6912041041 9990,72 %

Séries à partir de 2023, première année complète de publication des décisions des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel. Part : celle de la matière dans l'ensemble des décisions de l'année.

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Les juridictions concernées

Le tableau liste les juridictions qui ont rendu au moins une décision sur la police et la sécurité intérieure en 2025. Pour chacune, il indique le nombre de décisions et la part que la matière représente dans l'ensemble de ses décisions, puis, lorsque le nombre de décisions le permet, la part de rejets et le délai médian de jugement. Chaque juridiction renvoie à sa propre page.

En 2025, 38 tribunaux administratifs, 9 cours administratives d'appel et le Conseil d'État ont rendu au moins une décision sur la police et la sécurité intérieure. Parmi les tribunaux administratifs, le tribunal administratif de Paris (180 décisions), le tribunal administratif de Marseille (158) et le tribunal administratif de Montreuil (153) en ont rendu le plus grand nombre ; à eux trois, ils rassemblent 29 % des décisions des tribunaux administratifs sur cette matière. Parmi les cours administratives d'appel, la cour administrative d'appel de Paris en a rendu le plus grand nombre (62). Aucun tribunal administratif n'atteint 200 décisions sur cette matière dans l'année : la part de rejets et le délai médian ne sont donnés pour aucun d'eux.

JuridictionDécisions 2025Part de l'activitéPart de rejetsDélai médian
Tribunal administratif de Paris1800,58 %––
Tribunal administratif de Marseille1581,5 %––
Tribunal administratif de Montreuil1531,0 %––
Tribunal administratif de Lyon1050,82 %––
Tribunal administratif de Melun790,59 %––
Tribunal administratif de Cergy-Pontoise740,44 %––
Tribunal administratif de Montpellier711,2 %––
Tribunal administratif de Grenoble690,62 %––
Tribunal administratif de Nantes650,40 %––
Tribunal administratif de Rouen611,2 %––
Tribunal administratif de Lille600,63 %––
Tribunal administratif d'Orléans470,87 %––
Tribunal administratif de Toulouse450,65 %––
Tribunal administratif de Versailles450,43 %––
Tribunal administratif de Bordeaux430,71 %––
Tribunal administratif de Nice430,65 %––
Tribunal administratif de Rennes400,76 %––
Tribunal administratif de Strasbourg380,55 %––
Tribunal administratif d'Amiens300,82 %––
Tribunal administratif de Nîmes290,63 %––
Tribunal administratif de Bastia281,5 %––
Tribunal administratif de Limoges220,90 %––
Tribunal administratif de Nancy220,64 %––
Tribunal administratif de Poitiers210,82 %––
Tribunal administratif de Dijon190,50 %––
Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie196,0 %––
Tribunal administratif de Besançon160,71 %––
Tribunal administratif de La Réunion160,91 %––
Tribunal administratif de Toulon150,49 %––
Tribunal administratif de la Polynésie française142,3 %––
Tribunal administratif de Caen130,39 %––
Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne120,44 %––
Tribunal administratif de la Martinique111,5 %––
Tribunal administratif de Pau90,33 %––
Tribunal administratif de Clermont-Ferrand80,30 %––
Tribunal administratif de la Guyane70,35 %––
Tribunal administratif de la Guadeloupe20,17 %––
Tribunal administratif de Mayotte20,06 %––
Cour administrative d'appel de Paris621,2 %––
Cour administrative d'appel de Marseille220,79 %––
Cour administrative d'appel de Nantes200,65 %––
Cour administrative d'appel de Lyon190,61 %––
Cour administrative d'appel de Nancy190,68 %––
Cour administrative d'appel de Bordeaux180,69 %––
Cour administrative d'appel de Toulouse160,66 %––
Cour administrative d'appel de Douai140,68 %––
Cour administrative d'appel de Versailles140,43 %––
Conseil d'État1041,4 %––

Part de l'activité : part de la matière dans l'ensemble des décisions de la juridiction. Part de rejets non calculée sous 200 décisions de la juridiction dans la matière ; délai médian : jugements et arrêts, hors ordonnances, non calculé sous 200 jugements. Sous 200 décisions dans l'année, une juridiction n'a que son nombre de décisions.

Voir aussi La justice en France : toutes les juridictions

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Délais de jugement

Le délai de jugement est le temps écoulé entre l'enregistrement de la requête et le jugement ou l'arrêt. Il est résumé par la médiane : la moitié des affaires sont jugées plus vite, l'autre moitié plus lentement. Pour la police et la sécurité intérieure, les délais sont présentés par niveau de juridiction, avec les quartiles et la répartition des jugements par tranche de durée, dès lors que le niveau compte au moins 200 jugements dans l'année.

En 2025, un jugement de tribunal administratif sur la police et la sécurité intérieure intervient en médiane 22 mois après l'enregistrement de la requête : un quart des affaires sont jugées en moins de 11 mois, un quart attendent plus de 29 mois. Cette médiane était de 18 mois en 2024. Ce délai médian se situe au-dessus de la médiane de l'ensemble des matières devant les tribunaux administratifs (7 mois).

  • Tribunaux administratifs22 moisdélai médian
Délai de jugement par niveau de juridiction, 2025
NiveauJugementsPremier quartileDélai médianTroisième quartile
Tribunaux administratifs1 14010 mois22 mois29 mois
Délai entre la requête et le jugement, tribunaux administratifs, 2025
Délai entre la requête et le jugement, tribunaux administratifs, 2025< 3 mois : 19 % ; 3-6 mois : 2 % ; 6-12 mois : 7 % ; 1-2 ans : 29 % ; 2-3 ans : 37 % ; > 3 ans : 6 %19 %< 3 mois2 %3-6 mois7 %6-12 mois29 %1-2 ans37 %2-3 ans6 %> 3 ans

Voir aussi Tribunal administratif de Paris Tribunal administratif de Marseille tous les délais par juridiction

Jugements et arrêts, hors ordonnances (référés et ordonnances de tri), délai compté depuis la première requête enregistrée, en mois révolus. Délai non calculé pour un niveau de juridiction sous 200 jugements dans l'année.

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Issue des affaires

L'issue résume le sens de la décision : la demande est rejetée, elle est satisfaite en tout ou partie, ou l'affaire prend fin sans que le juge ait à trancher le fond. En appel et en cassation, un rejet laisse en place la décision contestée, que le recours vienne du particulier ou de l'administration : la part de rejets ne dit donc pas, à elle seule, qui obtient gain de cause. Pour la police et la sécurité intérieure, la répartition est donnée pour chaque niveau de juridiction.

Devant les tribunaux administratifs, 61 % des décisions sur la police et la sécurité intérieure dont l'issue est précisée rejettent la demande, contre 57 % pour l'ensemble des matières, et la part de rejets est en baisse de 2 points par rapport à 2024. Une annulation ou une satisfaction de la demande concerne 27 % des décisions ; les désistements et non-lieux, qui mettent fin à l'affaire sans jugement sur le fond, en représentent 11 %. La part de rejets est de 75 % devant les cours administratives d'appel. Sous 200 décisions dans l'année, la répartition des issues n'est pas donnée pour le Conseil d'État.

Répartition des issues sur la police et la sécurité intérieure en 2025
  • Tribunaux administratifs
  • Cours administratives d'appel
  • Rejet
  • Annulation ou satisfaction
  • Non-lieu
  • Désistement
  • Renvoi ou transmission
  • Autres issues
Répartition des issues sur la police et la sécurité intérieure en 2025
IssueTribunaux administratifsCours administratives d'appelConseil d'État
Rejet1 029 (61 %)150 (75 %)–
Annulation ou satisfaction456 (27 %)47 (23 %)–
Non-lieu126 (7 %)1 (< 1 %)–
Désistement61 (4 %)1 (< 1 %)–
Renvoi ou transmission10 (1 %)2 (1 %)–
Décisions à l'issue précisée1 68220191

Décisions dont l'issue est précisée et classée, hors décisions avant dire droit (expertise, instruction). Par niveau de juridiction, la répartition est donnée à partir de 200 décisions dans l'année ; en dessous, elle n'est pas indiquée.

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Les autres matières

Les décisions de la justice administrative sont réparties ici en 16 rubriques, dont une rubrique « autres matières », d'après les textes cités par chaque décision. Le tableau donne le volume des autres rubriques en 2025 ; chaque ligne renvoie à sa page.

En 2025, les juridictions administratives ont rendu 279 322 décisions, réparties entre 16 rubriques ; la police et la sécurité intérieure en compte 1 999 (0,72 %). Les rubriques qui comptent le plus de décisions, hors « autres matières », sont le droit des étrangers (111 932), la fiscalité (11 968), le logement (11 393) et l'aide et la sécurité sociales (10 925). Parmi les matières d'au moins 1 000 décisions devant les tribunaux administratifs, le délai médian va de 3 mois pour le droit des étrangers à 27 mois pour la fiscalité.

MatièreDécisions 2025PartÉvolution
Droit des étrangers111 93240 %+9 %
Fiscalité11 9684,3 %+2 %
Logement11 3934,1 %−22 %
Aide et sécurité sociales10 9253,9 %−5 %
Fonction publique10 8313,9 %−2 %
Urbanisme7 8082,8 %−24 %
Collectivités et domaine public5 2341,9 %+24 %
Permis de conduire4 8091,7 %+15 %
Droit du travail3 5471,3 %+18 %
Santé publique2 7210,97 %+3 %
Environnement et agriculture2 3330,84 %−22 %
Éducation2 3320,83 %−28 %
Marchés et contrats publics1 9260,69 %+7 %
Élections1780,06 %−32 %
Autres matières89 38632 %+39 %

Matière déterminée d'après les textes cités par chaque décision ; « autres matières » regroupe les décisions sans texte caractéristique.

Voir aussi La justice en France

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Comprendre ces chiffres

Polices administratives

Cette matière s'appuie sur le code de la sécurité intérieure : autorisations et interdictions en matière d'armes, agrément des activités de sécurité privée, vidéoprotection, fermetures administratives d'établissements, interdictions de manifestation ou d'accès à un stade, mesures individuelles de contrôle administratif prises contre le terrorisme.

Prévenir un trouble, non punir une infraction

Ces mesures relèvent de la police administrative, qui vise à prévenir un trouble à l'ordre public et non à sanctionner une infraction ; les poursuites pénales sont jugées par la justice pénale, hors de ces chiffres. Le juge administratif contrôle que la mesure est justifiée et proportionnée, et peut la suspendre en référé.

Pourquoi la médiane

La médiane est préférée à la moyenne : quelques dossiers qui durent plusieurs années suffisent à gonfler une moyenne, alors qu'ils déplacent à peine la médiane. Les délais sont comptés en mois révolus, de l'enregistrement de la requête au jugement ou à l'arrêt ; les ordonnances rendues par un juge seul, notamment en référé, n'y entrent pas. Pour la police et la sécurité intérieure, elle est de 22 mois devant les tribunaux administratifs en 2025 : la moitié des affaires y sont jugées plus vite, la moitié plus lentement.

Les familles d'issues

Les issues sont regroupées en familles. Le rejet couvre les demandes jugées infondées, irrecevables ou portées devant une juridiction incompétente. La famille « annulation ou satisfaction » réunit les décisions qui donnent raison au requérant en tout ou partie : annulation d'un acte, réformation d'un jugement, injonction adressée à l'administration. Le non-lieu constate que le litige a perdu son objet en cours d'instance, le désistement que le requérant a renoncé à sa demande, et le renvoi transmet l'affaire à une autre juridiction. Pour la police et la sécurité intérieure, les tribunaux administratifs ont rejeté 61 % des demandes et annulé ou satisfait 27 % en 2025, parmi les décisions dont l'issue est précisée.

Lire les chiffres avec prudence

Ces chiffres décrivent des décisions passées. Une décision est rattachée à une matière d'après les textes qu'elle cite : une affaire qui touche plusieurs domaines n'est comptée que dans l'un d'eux. La part de rejets et les délais dépendent d'abord de la nature des affaires jugées, si bien que deux matières, comme deux juridictions qui ne reçoivent pas les mêmes litiges, ne se comparent pas terme à terme. Aucune statistique ne permet de prévoir l'issue d'une affaire particulière. Ici, cette matière représente 0,72 % des décisions de la justice administrative en 2025.

Questions fréquentes

Combien de décisions de justice administrative portent sur la police et la sécurité intérieure ?

En 2025, les juridictions administratives ont publié 1 999 décisions sur la police et la sécurité intérieure, soit 0,72 % de l'ensemble des décisions de l'année (< 1 % de plus qu'en 2024) : 1 691 par les tribunaux administratifs ; 204 par les cours administratives d'appel ; 104 par le Conseil d'État.

Quelle part des affaires sur la police et la sécurité intérieure est rejetée par les tribunaux administratifs ?

En 2025, 61 % des décisions des tribunaux administratifs sur la police et la sécurité intérieure dont l'issue est précisée sont des rejets, contre 57 % pour l'ensemble des matières ; 27 % des décisions annulent l'acte contesté ou satisfont la demande en tout ou partie. Devant les cours administratives d'appel, la part de rejets est de 75 %.

Combien de temps un tribunal administratif met-il à juger une affaire sur la police et la sécurité intérieure ?

En 2025, le délai médian entre l'enregistrement de la requête et le jugement est de 22 mois devant les tribunaux administratifs : un quart des affaires sont jugées en moins de 11 mois et un quart après plus de 29 mois. Ces délais excluent les ordonnances.

Quelles juridictions rendent le plus de décisions sur la police et la sécurité intérieure ?

Parmi les tribunaux administratifs, le tribunal administratif de Paris (180 décisions en 2025), le tribunal administratif de Marseille (158) et le tribunal administratif de Montreuil (153) en ont rendu le plus grand nombre. Parmi les cours administratives d'appel, la cour administrative d'appel de Paris en a rendu 62.